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Heike Fiedler

.o..ai..a..e. (*)

J’avoue, je ne la connaissais pas, cette bataille, alors que beaucoup la connaissent. Peut-être suis-je la seule à ne pas la connaître, peut-être que d’autres ne la connaîtront pas non plus demain. Pouvoir dire la connaître ou pas implique en tout cas être vivant.e. Ou l’avoir été.

On dirait que ce n’est pas très important de savoir si ceux et celles qui ne sont plus vivants la connaissaient et cela ne l’est probablement pas. (ne pas barrer) De toute manière, on ne peut pas le savoir (quoi), puisqu’ils ou elles sont mort.e.s. À moins que quelqu’un.e n’ait transformé sa connaissance en publication historique, ou politique, ou stratégique, ou en oeuvre artistique, en critique, en études sociologique et cetera avant de mourir. Il va de soi que les guerriers de jadis et leurs familles et leurs ami.e.s et les ami.e.s de leurs ami.e.s et ainsi de suite la connaissaient également. (ôter barré)

Je me demande, si c’est une lacune importante de ne pas savoir ce que c’est, cette bataille, et je ne pense pas que c’en soit une. Quoique, depuis que je sais qu’elle a existé, elle ne me sort plus de la tête.

C’est peut-être parce que je pense à cause aux des morts qui la connaissaient de près (en gras). Au fond, leur mort me laisse plutôt (barrer plutôt) indifférente. Après tout, ils sont tombés (à la guerre) morts parce qu’ils y étaient et ils auraient pu ne pas y aller. (N’y va pas…)

Je ne ressens évidemment pas ce genre d’indifférence vis-à-vis de ceux et celles qui meurent dans les batailles sans (même) y être allé.e.s, sans avoir jamais pensé songé pouvoir y mourir un jour.

Malbrough s’en va en guerre. On connaît la chanson.(**) Il semblerait que certain.e.s font la guerre parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement. Parfois, on y envoie même des enfants. L’autre jour, j’utilisais (ôté) et dans un contexte complètement différent le mot boycotter. Un jeune m’a demandé ce que ce mot voulait dire et moi, je me disais voilà, il y a la mémoire des choses que l’on transmet, tandis que d’autres on les laisse tomber dans l’oubli, il se peut que j’exagère.

De toute manière (attention au nombre de mots) au nom de quoi me permettrais-je de juger ce qui est bon d’être rappelé et ce qui ne l’est pas ? Il me semble toutefois plus important de fêter ce qui maintient la vie une fois qu’on est sur terre (ne pas barrer), au lieu de célébrer les batailles, même s’il y a défaite.

On dit que depuis, il y a la neutralité, d’autres objectent qu’elle est venue seulement plus tard et maintenant, ceux qui défendent qu’elle est arrivée à cause de la bataille veulent dépenser beaucoup de sous pour sa célébration. Ils veulent aussi organiser des tirs. D’accord, ils ne tirent pas sur des êtres vivants. Or, les armes, il faut bien les fabriquer pour les faire exister et l’on en fabrique beaucoup par ici de toutes sortes. Parfois, on les re-trouve dans d’autres pays, l’autre jour en Syrie. De manière générale, l’exportation se porte plutôt bien. Cela n’a rien à faire, j’en conviens, avec une bataille qui s’est passée à une époque où l’on utilisait encore des lances.

Il ne faut pas (se) mélanger les pinceaux non plus pourquoi ça m’arrive parfois(.)

Heike Fiedler – juin 2014


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(*) C.nn..ss.nc.s

(**) Mes filles ont appris cette chanson à la crèche, Le déserteur à la maison. (laisser ou barrer ?)



Heike Fiedler, Autorin, Poetin, intermediale Performerin. Seit 2000 intensive Teilnahme an internationalen Literatur- und Poesiefestivals, Lesungen, Musikfestivals. Führt Ateliers im Bereich «creative writing» und «performance writing». Konzeption und Realisierung pluridisziplinärer Projekte (La Bâtie-Festival de Genève, festival Poésie en arrosoir). Zahlreiche Publikationen in Zeitschriften, Anthologien, CD’s. Mehrere Schreibresidenzen (Fondation Ledig-Rowohlt, L’Arc Romainmôtier). Für ihre TexTRaumprojekte erhielt sie mehrere Stipendien von Stadt und Kanton Genf, Unterstützungen von Pro Helvetia. Bücher: «langues de meehr», «sie will mehr» (edition spoken script).

www.realtimepoem.com



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